Notes d'allocution de Suzanne Legault, commissaire à l'information du Canada

19e édition du dîner de remise de prix de la Journée mondiale de la liberté de la presse

Ottawa, (Ontario)
Le 2 mai 2017

La version prononcée fait foi.


Merci.

C’est toujours un honneur et un privilège de me joindre à vous tous afin de célébrer la journée mondiale de la liberté de la presse.

Cette année, le thème est « Des esprits critiques pour des temps critiques ».

C’est un thème très bien choisi, puisque la liberté de l’information et la liberté de la presse vivent des temps critiques.

Le public est aux prises avec de fausses nouvelles, les institutions démocratiques sont tranquillement en train de s’effriter, les journalistes sont soumis à la surveillance de l’État, et certains d'entre eux sont emprisonnés et tués. La nuit dernière, j’ai reçu un courriel d’un collègue de l’Inde qui me signale que dans son pays, il y a eu, jusqu’à maintenant, 57 activistes du droit à l’information qui ont été tués.

Dans une ère où il devient de plus en plus important de vérifier les faits, notre Loi sur l’accès à l’information est appliquée pour encourager une culture de retard. Elle s’applique pour empêcher la divulgation. Elle agit comme un bouclier contre la transparence. Les intérêts du gouvernement l’emportent sur les intérêts du public. Notre nouveau gouvernement a reporté sa promesse de réforme de façon indéterminée.

Notre démocratie repose sur des personnes courageuses qui possèdent l’esprit critique pour protéger, défendre et promouvoir nos libertés fondamentales.

Aujourd’hui, nous célébrons l’une de ces personnes remarquables en lui décernant le prix Spencer Moore pour l’ensemble de ses réalisations, M. Jim Bronskill.

Jim est un journaliste qui a reçu de nombreux prix et il possède plus de vingt-cinq ans d’expérience.

Ses écrits fondés sur des demandes d’accès à l’information ont révélé de nombreuses pratiques controversées exercées par les agences de renseignements et d’application de la loi. Son travail relance le débat du public et demande à notre gouvernement de rendre des comptes.

Ce travail inclut, notamment, sa quête sans relâche pour les dossiers de sécurité de Tommy Douglas, retenus par Bibliothèques et Archives Canada, et l’enquête qui a fait la lumière sur l’utilisation des Tasers de la GRC. Cette enquête lui a d’ailleurs valu le prix Michener et un prix du Concours canadien de journalisme.

En tant que chef de file dans le domaine de l’accès à l’information, Jim a transmis ses connaissances et son expertise dans de nombreuses publications. Entre autres, il a écrit le livre « Your Right to Know: How to Use the Law to Get Government Secrets » avec David McKie.

Jim n’est pas seulement un journaliste respecté et un expert dans l’utilisation des lois touchant au droit à l’information, il est également chargé de cours à l’école de journalisme et de communications de l’Université Carleton. Il enseigne aux étudiants à la maîtrise comment obtenir et utiliser des documents pour écrire des articles traitant de sujets importants sur les enjeux de politiques publiques.

C’est avec un grand plaisir que je présente à Jim Bronskill le Prix Spencer Moore 2017 pour l’ensemble de ses réalisations.